Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/166

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
168
CYBÈLE

Le tableau des divers aspects de la science humaine était si vaste que les plus grandes intelligences pouvaient à peine prétendre à en aborder une infime partie. Tout au plus si la vie d’un homme suffisait pour s’assimiler complètement un tout petit rameau d’une des branches d’une spécialité. Les amateurs de connaissances et de synthèses générales s’en rapportaient naturellement aux courts résumés qui étaient à la portée de tous, et encore y avait-il fort à faire pour en embrasser un certain nombre.

Il n’était plus le temps où un Pic de la Mirandole pouvait sortir vainqueur du tournoi scientifique auquel il avait provoqué de omni re scibili les savants de son époque, et les confondre tous par l’universalité de son savoir qu’il pouvait exprimer en vingt-deux langues différentes. Encore pourtant, mentionne l’histoire, qu’il se trouva pris sur une question tout à fait inattendue, et même par une simple bonne femme qui savait mieux que lui comment se confectionnait un certain fromage des environs de Rome qui faisait en ce temps-là les délices des gourmets ; ce qui montre que même en cette époque relativement ignorante de 1486 après J.-C. l’on ne pouvait pas tout embrasser.


Ce que les astronomes de Cybèle n’avaient que trop bien calculé c’était que depuis l’an 5235 les hivers de