Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/279

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CYBÈLE

habile venait de jouer la comédie de Tell-el-Kébir, et travaillait pour l’heure à escamoter le canal avec toute l’Égypte par-dessus le marché.

L’Espérance reprenait bientôt en effet son vol rapide vers les autres régions qu’elle avait à visiter. Dans la même journée où les voyageurs quittaient le territoire égyptien, ils passaient au-dessus de la quadruple voie liquide qui reliait les deux mers, et voyaient bientôt se dérouler sous leurs yeux les plaines de l’Arabie Pétrée, puis l’heureuse terre de Chanaan qui fut la terre promise des enfants d’Isaac et de Jacob avant d’être la terre sainte des épiques croisades, et qui était redevenue une véritable terre d’élection par son nouveau climat tempéré et sa fertilité sans égale. D’autres grands souvenirs historiques étaient venus s’ajouter depuis à ceux qui se pressaient en foule dans l’esprit de Marius dont le regard eût cherché en vain même les ruines de Jérusalem ou de Damas.

Entre les souvenirs de ce passé cybéléen, il en était un assez curieux que le professeur rappelait à ses jeunes amis, tandis que tous trois, appuyés sur le bordage de la plate-forme, contemplaient le pays accidenté, les villes inconnues qui semblaient glisser au-dessous d’eux : Vers la fin du xxe siècle ancien style, était, parait-il, survenu un accord entre les divers États de l’Europe qui, après l’expé-