Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/281

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CYBÈLE

avantage de lui-même et surtout des autres, mais il parait qu’on avait fait un mauvais calcul, car deux générations ne s’étaient pas écoulées, que les citoyens de la nouvelle Judée, réduits à s’exploiter entre eux sans rien produire à leur ordinaire par un travail pénible, bientôt appauvris et se sentant perdus, commencèrent à s’esquiver l’un après l’autre sous divers déguisements, si bien qu’un beau jour la Judée se trouva déserte et tout Juda partout répandu de nouveau en parasite d’autant plus âpre à la sucée qu’il avait été plus longtemps sevré du miel des diverses ruches humaines. Et les fastes d’Israël comptaient un exode de plus, exode volontaire ce coup-là, qui pour une fois apportait un peu de gaîté dans l’histoire.

Si nos amis avaient eu le loisir de se porter vers l’est, et d’accomplir un plus lointain voyage, ils auraient trouvé les riches plaines de la Mésopotamie plus florissantes que ne le furent jamais les empires où régnèrent Babylone et Ninive, ces aînées des capitales disparues sans laisser de traces, puis une Perse, des Indes, une Chine, un Japon surtout, aussi transformés que le reste du monde. Cet Orient, soi-disant immuable, avait fini lui aussi par suivre l’impulsion générale, et il contenait un nombre incalculable de petites républiques et de grandes confédérations pénétrées de l’esprit nouveau. Mais