Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/283

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CYBÈLE

Une visite à la cime célèbre où s’arrêta cent et quelques siècles auparavant l’arche légendaire de Noé, n’éveillait-elle pas d’ailleurs, en même temps que les terribles appréhensions du présent, un consolant espoir de délivrance ?

L’accord fut vite fait et la route à suivre aisément trouvée en remontant le cours de l’Euphrate. Dans l’après-midi apparut à l’horizon et s’élevant fort au-dessus des plus hauts plateaux arméniens, deux pics jumeaux dont le principal était le mont fameux qui avait vu se renouer la chaîne interrompue par le déluge biblique, et où la même pensée qui amenait les voyageurs de l’Espérance attirait également depuis quelque temps de nombreux visiteurs. Aussi nos amis en arrivant se trouvèrent-ils mêlés à une grande affluence d’étrangers de tous pays. Venus incidemment, Alcor et ses compagnons de route n’entendaient point séjourner là. Ils ne prirent que le temps de se rendre au temple magnifique qui s’élevait au flanc de la montagne sur un vaste palier naturel et non loin des neiges éternelles qui couronnaient sa cime. L’Orient qui aime à vouer au culte ses sites les plus remarquables, n’avait pas manqué d’élever sur le mont Ararat un monument religieux, lequel passait à bon droit pour une des merveilles de l’époque, ce qui était un attrait de plus. Il s’y donnait journellement des