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CYBÈLE

fêtes et des cérémonies d’une pompe extraordinaire qui relevaient encore le prestige du lieu et des grands souvenirs que ce lieu évoquait. Mais les passagers de l’Espérance, dès qu’ils eurent satisfait au naturel mouvement qui les avait amenés, se rembarquaient le même soir et quittaient ce point extrême de leur voyage pour faire cette fois route à l’ouest avec toute la vitesse que permettait l’excellent navire aérien.

Ils franchirent ainsi rapidement dans toute sa longueur cette Asie-Mineure dont l’antique civilisation traversée durant de longs siècles par la barbarie turque, avait refleuri sous la même influence grecque d’autrefois, en devenant une des régions les plus prospères du monde.

L’on ne devait s’arrêter qu’en territoire européen au-delà du Bosphore, sur la côte fortunée qui vit s’élever aux temps passés, l’inoubliable Byzance, la féerique Constantinople, et qui maintenant encore possédait, assise autour d’une autre Corne d’or une capitale nouvelle, riche et belle toujours de sa situation favorisée, mais non plus comparable en étendue et en pittoresque à la cité du Sérail aux mystérieuses murailles, des mosquées aux hautes coupoles et aux vertigineux minarets, de Sainte-Sophie l’unique, où les siècles n’effaçaient pas la main sanglante apposée sur son marbre par le farouche