Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/285

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CYBÈLE

Mohamet II. Cette Constantinople orgueilleuse de ses deux existences, si convoitée des Tzars de Russie, si aimée des sultans jaloux, si regrettée d’avance du fanatique Osmanli, qui, pressentant sa chute voulait déjà que ses os allassent reposer en terre asiatique sous les gigantesques cyprès de Scutari ; cette merveille de la porte d’Europe avait disparu sans laisser d’autres traces que quelques pages d’histoire.

L’admirable Bosphore avait gardé, à peu de chose près, son ancien aspect ; mais ce n’était plus une petite mer intérieure qu’il reliait à la Méditerranée. Son rôle avait grandi en devenant le trait d’union de deux immenses étendues d’eau ; c’était au nord qu’était maintenant la mer principale, peu profonde il est vrai, mais ne faisant plus qu’une avec l’Océan Polaire. La mer Noire d’autrefois avait rejoint par delà le Caucase, la mer Caspienne et envahissant les steppes, avait peu à peu englouti le vaste territoire russe, de concert avec l’Océan qui, de son côté, du nord comme de l’ouest s’était avancé à sa rencontre, ne laissant émerger au-dessus des eaux que quelques grandes îles marécageuses dont plusieurs étaient inhabitables. Des villes comme Saint Pétersbourg, Kiew, Odessa, gisaient à plus de vingt brasses de fond, et de Moscou la sainte, dont les clochers byzantins se comptaient autrefois par qua-