Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/310

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CYBÈLE

et paroles, identifiait le spectre visible mais impalpable, avec la personne placée à cent lieues de là. Ce n’était pas seulement une conversation, c’étaient de véritables visites que l’on se faisait de cabine à cabine. Ainsi nos trois voyageurs avaient eu assez souvent la satisfaction de se retrouver, comme s’ils n’eussent pas quitté Alger, dans la société de la mère et de la fille qui de leur côté, sans sortir de chez elles, jouissaient au même moment de la compagnie et de la conversation des absents. Venait-il des visiteurs ? Ceux-ci s’ajoutaient au groupe en présence. Alcor s’entretenait à l’occasion avec l’austère Néa ou échangeait avec elle des regards qui valaient plus que des paroles, et il était arrivé aussi à Marius de frémir plus d’une fois en voyant surgir tout à coup le spectre abhorré du fiancé de Junie. Il n’y avait pas jusqu’à l’active Mirta qui ne fît elle aussi, de courtes apparitions et ne dît son mot à l’occasion dans ces agréables et précieuses entrevues. Ce fut même dans une de ces sortes de réunions à distance que Marius apprit la date très prochaine du mariage projeté dont la seule idée l’affolait.

En se retrouvant tous en chair et en os cette fois dans le petit salon intime de la famille, on n’avait donc plus grand chose de nouveau à s’apprendre. On parla surtout des préparatifs auxquels on se livrait