Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/341

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CYBÈLE

restée à peu près intacte, et aussi les visages des étranges personnes que j’ai connues là-bas et qui, par une singulière bizarrerie, se trouvaient être de ceux qu’ici je connais aussi le mieux : le tien, par exemple, mon cher Numa, car tu étais également dans cet autre monde mon ami le meilleur. Et encore un autre visage, mais celui-là… et Marius s’arrêta parce qu’un tremblant soupir semblant venir de fort loin venait lui couper la parole.

— Ah ! reprit bientôt le jeune homme, je n’ai pas été heureux dans cette seconde existence, je te le jure ! Aussi mon retour dans la douce réalité d’un jour de félicité comme celui-ci, m’a-t-il ravi d’une joie folle dont tu as vu des marques peut-être un peu singulières. Le bonheur n’est-il pas fait surtout de souffrances et de chagrins évités, fussent-ils chimériques ? Voyons, es-tu rassuré maintenant ?

Tout cela fut dit d’un ton si vrai et si naturel que Numa fut tout à fait rasséréné et riant à son tour de bon cœur du doute qui l’avait effleuré un moment, il serra avec effusion les mains de celui qu’il allait tout à l’heure plus que jamais pouvoir appeler son frère.


Cependant le temps se passait, des roulements de voitures se faisaient entendre dans la rue, des invités se présentaient, des compliments s’échan-