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CYBÈLE

un terrien, que présentait la partie toute baignée de soleil du côté inconnu de notre satellite qu’il dépassait rapidement, mais pas d’une telle vitesse toutefois, qu’il n’en pût distinguer les points essentiels. Ce n’est pas qu’il y eût une grande différence comme configuration générale : encore des cratères de toute dimension, d’autres montagnes et d’autres surfaces auxquelles il ne manquait que des noms dans le genre des dénominations connues de mers de Nectar, de la Fécondité, de la Sérénité, lac des Songes, etc. En somme une sélénographie, assez semblable à celle qui se laisse voir. Mais ce qui était véritablement changé, c’était une coloration particulière des bas-fonds, des reflets point trompeurs qui dénonçaient de véritables mares d’eau cette fois, soit au fond des cratères éteints, soit dans les plaines où se détachait une verdure donnant des idées vagues de fougères, de joncs et de roseaux. Ainsi, voilà qui donnait raison à ceux qui supposent que ce qui reste de vie lunaire s’est réfugié avec tous ses éléments indispensables du seul côté où la force centrifuge repousse les fluides dont il ne reste plus trace du côté qui nous regarde.

Peut-être avec de bons yeux et plus d’attention, Marius eût-il vu s’agiter par places les ondes et les grandes herbes, et apparaître quelque monstre ondulant rappelant les formes rudimentaires de la