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CYBÈLE

pu rendre possible la dispersion dans l’espace du globe lunaire tout entier réduit en poussière !

Mais ce n’était pas cela qui occupait pour l’heure l’esprit de Marius. En fait d’hypothèses, il ne considérait avec assez de sang-froid, du reste, que celle d’un atterrissement possible, si ce mot peut être employé ici, et il faisait en conséquence des efforts surhumains pour se rapprocher de ces cimes qu’il était écrit pourtant qu’il n’atteindrait pas, car c’était ailleurs que sa destinée poussait l’infortunée victime des maléfices de la perfide Gemma. C’était beaucoup plus loin que notre héros était attendu.

Ce fut en vain qu’avec le courage du désespoir, le nageur éthéréen multiplia les coupes les plus savantes et les plus énergiques. Le globe lunaire et lui se croisèrent bientôt à un millier de mètres à peine de distance, puis cette distance alla augmentant de plus en plus, l’un s’avançant dans sa séculaire translation autour de la terre, l’autre continuant d’être précipité de plus belle.

Si un espoir et des efforts insensés absorbaient tantôt toutes les facultés de Marius et l’empêchaient d’étudier avec fruit le paysage que la lune tourne invariablement du côté de son chef hiérarchique, le globe terrestre, maintenant c’était un morne désespoir qui l’accablait et qui le rendait à peu près indifférent au spectacle, absolument nouveau pour