Page:Allais - À l’œil.djvu/245

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cours de cruelles épidémies, ou bien ne faut-il voir dans ce curieux fanatisme qu’un vieux restant de la superstition païenne.

À moins — je donne cette explication pour ce qu’elle vaut — que les fameuses oies qui sauvèrent le Capitole n’aient dû leur extrême vigilance qu’à une nourriture où le céleri entrait pour une large part.

N’importe ! il est touchant de voir toute une puissante nation comme l’Italie rendre d’aussi éclatants hommages à un humble légume.

… Si les Italiens ont la reconnaissance solide, ils n’oublient pas non plus leurs petites rancunes.

Ainsi il y a une station, un peu avant Modane, qui s’appelle Salbertrand.

Je ne doute pas une minute que cette bourgade n’ait été baptisée ainsi en souvenir de mauvaises plaisanteries qu’y aurait perpétrées l’éminent ingénieur Maurice Bertrand, au temps jadis qu’il était si peu sérieux.

J’ai la nostalgie du cheval.

Non pas que je sois un fervent écuyer, mais voici dix grands jours que je n’aperçus l’ombre du plus pâle canasson !