Page:Allart - Histoire de la République de Florence.djvu/16

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geoisie ; città, c’est la ville, la place publique ; cittadinanza, c’est le droit d’habiter la ville et la place publique.

Entre ces républiques, il y en eut une qui confia son pouvoir à l’aristocratie, exclut le peuple de toute part à la souveraineté, s’éloigna delà modestie de son origine, étendit sa domination dans l’Orient et dans l’Italie, et s’attira une haine générale qui la ruina. Il y eut une autre république qui resta longtemps démocratique et modérée, respectant la liberté de ses voisins, et offrant le spectacle étrange d’une aristocratie opprimée, réfugiée dans les classes du peuple pour y trouver la considération et le pouvoir civil. Longtemps "Venise eut l’avantage sur Florence:la première unissait tes succès au dehors au calme intérieur, que la seconde était faible à l’extérieur et troublée au dedans. Les hommes qui étudiaient la politique à Florence proposaient Venise pour modèle à leur patrie; niais, si nous considérons aujourd’hui ces deux républiques à distance, Florence nous offre la foule de ses grands hommes en tout genre, quand Venise ne nous laisse que le souvenir d’une hahilelé politique imparfaite. Il semble que ces deux villes se soient partagé les deux principes qu’il faut unir pour faire marcher le monde:celui de Venise lui donna la hauteur, la force et la domination ; Florence lira du sien la richesse, le désordre et le génie.

Florence, au pied des Apennins, entouré de collines, s’étend sur les deux rivages de l’Arno ; la ville est au bas du mont de Fiésole; le pays est resserré et dans de petites proportions, mais charmant:les collines couvertes d’oliviers et de figuiers, les vallées, les mou vemens du terrain, impriment la grâce et la vie; l’Arno, épuisé durant les chaleurs, porte, à la saison des pluies, les bâtimens jirsqu’à Pise et à la mer, à travers de belles et fertiles campagnes : un jour éclatant, plus beau qu’en Lombardie, éclaire le pays ; l’air est sain ; des eaux limpides descendent de l’Apennin. La Toscane n’a pas partout le même caractère, plus pittoresque, plus montagneuse dans le Casenlino où l’on trouve à la Verna, à Valambrosa, une nature grande et sévère, des hauteurs escarpées et des bois de sapin ; plus ouverte dans les Maremmes et dans le pays de Pise, sur les rivages de la