Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/130

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DE LA DEMOCRATIE NOUVELLE.

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tale. Avant la révolution, quelques villes encore, sièges de vieilles Universités avaient conservé quelque vie et un assez grand concours d’étudiants; maintenant tout est effacé. Paris reste seul avec ses maîtres illustres, ses chaires de tout genre ses immenses et magnifiques collections, ses milliers d’élèves accourus de toutes les extrémités du royaume, comme aux premiers jours de l’émancipation de la pensée aux xi° et Xtt~ siècles. Sans doute, l’irrésistible mouvement d’unité et de centralisation qui a tout entraîné depuis cinquante ans; sans doute la rapidité des communications qui, de jour en jour, s’accroît et réduit à quelques heures des distances autrefois à peine franchissables par de longs voyages; sans doute enfin, la supériorité incontestable et l’admirable universalité de l’enseignement parisien devaient amener ce résultat.

» Mais la législation n’a rien fait, sinon pour le prévenir, au moins pour le corriger et pour puiser à ce foyer unique de vie, les éléments d’une régénération des hautes écoles provinciales. Napoléon sembla un moment en avoir conçu la pensée, lorsqu’il voulut, au siège de chaque Académie, attacher des Facultés des lettres et des sciences. Mais c’était trop de vingt-six centres; les élèves devaient manquer; et, bien plusencore,