Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/58

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Un docteur nommé Élébotham, coiffé d’une meule de flanelle qui étincelait de pierreries, se leva et dit : « Profanation ! il y a ici une barbe pointue !

— Une barbe luthérienne ! — Un manteau court ! — Tuez le Philistin. » — Et la foule trépignait de colère dans les bancs tumultueux, tandis que le sacrificateur braillait : — « Samson, à moi ta mâchoire d’âne ! »

Mais le chevalier Melchior avait développé un parchemin authentiqué des armes de l’empire : « Ordre, lut-il, d’arrêter le boucher Isaac van Heck, pour être l’assassin pendu, lui, pourceau d’Israël, entre deux pourceaux de Flandre. »

Trente hallebardiers se détachèrent à pas lourds et cliquetants de l’ombre du corridor. — « Feu de vos hallebardes », leur ricana le boucher Isaac. — Et il se précipita d’une fenêtre dans le Rhin.