Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/84

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» La place Royale est ce soir, aux falots, claire comme une chapelle ! — Gare la litière ! — Fraîche limonade ! — Macarons de Naples ! — Or ça, petit, que je goûte avec le doigt ta truite à la sauce ! Drôle ! il manque des épices dans ton poisson d’avril.

» N’est-ce pas la Marion Delorme au bras du duc de Longueville ? Trois bichons la suivent en jappant. Elle a de beaux diamants dans les yeux, la jeune courtisane ! — Il a de beaux rubis sur le nez, le vieux courtisan ! »

Et le raffiné se panadait le poing sur sa hanche, coudoyant les promeneurs et souriant aux promeneuses. Il n’avait pas de quoi dîner ; il acheta un bouquet de violettes.