Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/119

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à tous les rémissionnaires, placés sur des échafauds élevés dans la cour de l’évêché... Ils se jetaient encore une fois à genoux, et criaient trois fois : Miséricorde ! L’évêque, assis dans un fauteuil devant l’une des fenêtres de la cour, adressait aux criminels une vive remontrance, leur enjoignant de remplacer par des pénitences volontaires les supplices que leurs crimes avaient mérités ; puis il leur donnait le pardon, rémission et absolution de leurs crimes, à la charge par eux de se faire délivrer, à l’officialité, les lettres de rémission qui leur étaient nécessaires. Tous les prisonniers s’agenouillaient, et l’évêque leur donnait sa bénédiction. Puis on leur distribuait pour dîner les viandes qui avaient été desservies de la table du seigneur évêque, et chacun se retirait.

Excité sans doute par les nombreux abus qu’entraînait inévitablement un privilége si ample et, disons-le, si scandaleux, Louis XV, par un édit de novembre 1753, déclara que les évêques d’Orléans ne pourraient plus (à l’occasion de leur entrée) donner que des lettres d’intercession et déprécation, adressées à sa majesté, qui, elle, délivrerait aux impétrans des lettres de grâce et de rémission. Encore ces lettres d’intercession ne pourraient-elles être données par l’évêque, que pour des crimes « commis dans l’étendue et limites du diocèse d’Orléans et non ailleurs. » De plus,