Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/121

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des évêques d’Orléans, pour la délivrance des prisonniers pour crimes, qui, au jour de leur entrée solennelle dans leur ville épiscopale, se trouvoient dans les prisons. Mais cet usage n’étant pas soutenu par des titres d’une autorité inébranlable, et ses effets, trop susceptibles d’abus, n’ayant jamais reçu ni les bornes légitimes ni la forme régulière qui auroient pu leur convenir, il a éprouvé la contradiction de nos principaux officiers chargés de la dispensation de la justice et du maintien de notre autorité ; et non seulement il a donné lieu à des incertitudes dangereuses sur l’état des hommes et sur le sort des familles, mais il s’est même quelquefois trouvé fatal à ceux de qui la confiance aveugle s’étoit reposée de leur sûreté sur sa foi... Nous voulons donc concilier le privilége avec les droits inviolables de notre souveraine puissance, exclure les abus qu’on en voudroit faire, et remédier aux inconvénients qui pourroient s’y rencontrer... Animés du même esprit que les rois nos prédécesseurs, nous n’avons pas cru pouvoir refuser quelque égard favorable à un usage que son antiquité rend vénérable dans sa singularité même, et pour lequel sollicite, en quelque sorte, la sainteté des évêques qui, dès les premiers siècles de l’église, ont illustré le siége d’Orléans. Nous avons jugé plus digne de nous de le régler en le rappelant à une forme légitime, en