Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/199

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députés. C’était le 7 mai 1555. Un médecin nomme Odouard, et le nommé Verdelaye, son complice, avaient été condamnés, par arrêt du parlement, à faire amende honorable et à être fouettés par trois jours de marché, dans les carrefours de Rouen. Comme on venait de lire cet arrêt au bailliage, et que les deux condamnés allaient être amenés dans le prétoire, pour y faire amende honorable, survinrent les députés du chapitre, chargés d’insinuer le privilége. Après l’avoir, dirent-ils, insinué, la veille, au parlement, ils s’étaient rendus, de suite, au bailliage ; mais ils avaient trouvé les portes de cette juridiction fermées, « à cause de la feste de monsieur sainct Jehan porte latine. » Le privilége était donc censé avoir été insinué la veille au bailliage, puisqu’il l’avait été au parlement, juridiction supérieure, et qu’il n’avait pas dépendu d’eux qu’il ne le fût partout. Conséquemment aussi l’exécution de l’arrêt rendu contre Odouard et Verdelaye devait être différée jusqu’après l’Ascension ; car, au moment où on en avait fait lecture au bailliage, « desjà ilz estoient revestus de leurs habitz de cérémonie, sur le pavé du roy, et en voye de venir céans pour venir réitérer l’insinuation. » Louis Mustel, avocat du roi, répondit que les exécutions des criminels ne cessaient, au bailliage, qu’à dater du jour où l’insinuation y était réellement faite. Qu’était-ce pour les officiers de cette juridiction qu’une prétendue