Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/198

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présentés devant lui. M. De Bauquemare, premier président, après avoir notifié cet arrêt à M. De Médine, lui dit : « Monsieur le lieutenant, vous eussiez deu vous arrester, voyant entrer en vostre prétoire les chanoines et chapelains revestus de leurs surplis. »

En effet, à dater de l’instant où les députés du chapitre paraissaient dans l’enclos d’une juridiction, l’insinuation y était censée faite, et il fallait que toute exécution et même toute procédure criminelle cessassent. C’est ce que le parlement reconnut le 28 avril 1608. Ce jour-là, comme on délibérait à la grand’chambre sur des lettres closes et sur un arrêt du conseil qui ordonnaient d’envoyer à Paris un prisonnier accusé de meurtre, afin qu’il ne pût être élu le jour de l’Ascension et jouir du privilége de saint Romain, l’huissier étant venu avertir le parlement que les députés du chapitre arrivaient dans le Palais, on s’écria tout d’une voix « qu’il n’estoit plus besoin d’entrer en conférence, parce que les députés du chapitre estant entréz dans le Palais pour l’insinuation du privilége de saint Romain, l’effect des dictes lettres cessoit. » (Reg. du parlement, 28 avril 1608.)

Dans une circonstance semblable à celle que nous venons de rapporter, le chapitre fut moins heureux ; et, au mépris de l’insinuation, deux condamnés firent amende honorable, la torche au poing, presque sous les yeux des chanoines et chapelains