Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/214

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on voyait « ung buffet ou table sur lequel le geollier mectoit le registre des prisonniers, avec les clefz d’icelles prisons, tant des entrées de devant, de derrière, que des singulières prisons. » Après avoir installé les chanoines dans cette salle, le bailli prenait congé d’eux, en leur disant : « Messieurs, Dieu vous doint (donne) faire bonne élection ; vous estes seigneurs de léans ; allez partout où il vous plaira » ; et il se retirait. « Les chanoines demandoient le registre du geollier, avecques les clefz des prisons, les quelz registre et clefz le geollier leur bailloit sans contredict et mectoit devant eulx. » Les chanoines s’asseyaient, ainsi que le tabellion, qui avait devant lui tout ce qui était nécessaire pour écrire. Alors le plus ancien des deux chanoines ouvrait le livre des évangiles, et interpellait le concierge ou geolier, qui devait s’agenouiller et mettre la main sur le texte du livre saint, et il lui disait : « Vous jurez Dieu le créateur, par le sainct évangile que vous touchez présentement, et par la part que vous prétendez en paradis, que vous direz vérité sur ce dont vous serez enquis. » Après que le geolier avait répondu : « Oui, je le jure », le même chanoine lui disait : « Par le serment que vous venez de faire, avez-vous admis en vos prisons tous les prisonniers qui y ont esté admenéz ou s’y sont venus rendre, soit pour crime ou pour debte civile, depuis le jour de l’insinuation du privilège de monsieur