Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/249

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n’agréerait pas leur choix ; ils passèrent outre, persuadés que M. De Luxembourg, protecteur de Dampierre, leverait tous les obstacles. Dampierre fut donc élu, et le cartel envoyé au parlement, qui délibéra si longuement qu’à deux heures on ne pouvait pas encore pressentir sa décision. L’abbé Terrisse avait promis, de son chef, à M. De Miromesnil, que pour dîner on l’attendrait, lui et les trois conseillers conviés, jusqu’à cinq heures. Mais les chanoines perdaient patience, soit qu’ils fussent peu accoutumés au jeûne, comme le veut une chronique scandaleuse du tems, qui, en vérité, ne mérite guère de confiance ; soit plutôt, et cela est bien plus vraisemblable, qu’ils désirassent avancer les choses, pour que la cérémonie de la fierte eût lieu avant la nuit. Quoi qu’il en soit, la même chronique dit « qu’ils crièrent si fort, l’abbé Marescot, surtout, contre une si longue abstinence, qu’enfin il fut statué, d’une voix unanime (celle de l’abbé Terrisse exceptée), qu’on se mettroit à table et qu’on dîneroit sans attendre les conviés du parlement[1]. » Au plus fort de la mêlée, arriva le chapelain de Saint-Romain, qui venait annoncer que la cour avait déclaré Dampierre indigne du privilége. Se lever tous de table, se rendre dans une chambre

  1. Anecdotes ecclésiastiques jésuitiques, qui n’ont point encore paru. Rouen, in-12, page 104 et suivantes.