Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/278

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haute, grand dîner[1] ; et ces magistrats restaient en séance, espérant toujours, mais toujours en vain, pouvoir, à leur tour, jouer un rôle brillant dans une cérémonie qui excitait à un si haut degré l’intérêt de tous. En 1523, le jour de l’Ascension, des huissiers du parlement étant venus aux prisons de la cour des Aides chercher Jean Le Landois, sieur d’Hérouville près Caen, élu par le chapitre pour lever la fierte, la cour des Aides décréta d’ajournement personnel ces deux huissiers. Par son ordre, ses avocats et procureur généraux allèrent remontrer au parlement « qu’en enlevant ainsy ung prisonnyer qui appartenoit à la cour des Aides, on avoit agy par circonvention, sinistrement et autrement que deuement. » Ils demandèrent que le prisonnier fût rendu à la cour des Aides, déclarant qu’en cas de refus, cette cour entendait en faire les poursuites, pour en avoir raison et réparation. Sur le refus du parlement, la cour des Aides envoya une députation au roi. L’affaire ne paraît pas avoir eu d’autres suites ; et cependant le ressentiment de la cour des Aides était grand ; car, par son ordre, Thomas Dacher, concierge de ses prisons, qui avait laissé enlever le prisonnier, fut mis en prison à sa place, et n’obtint sa liberté que trois ans après. En 1672,

  1. Le diner de la chambre des comptes s’appelait aussi le Cochon ; il avait été institué en juin 1607. (Manuscrit de ma bibliothèque.)