Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/294

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Mais ce vieux cérémonial tenait encore à l’usage existant alors, de délivrer presque toujours le prisonnier, sans l’interroger. A cette époque, la délivrance du prisonnier par les magistrats étant, en quelque sorte, immanquable, aussi-tôt que les envoyés du chapitre étaient partis leur porter le cartel d’élection, la procession de Notre-Dame se mettait en marche, et allait à la Vieille-Tour attendre le prisonnier, qui ne pouvait guère tarder d’arriver. Il semble que l’on en usait encore ainsi en 1512 ; car l’édit de Louis XII, du mois de Novembre, dit que « les dictes processions font arrest et station en un lieu appellé le marché de la Vieille-Tour, au quel lieu par les ditz deux chapelains est amené tout ferré le dict prisonnier esleu. » Mais, à cette époque même, ce cérémonial dut changer, car l’échiquier ayant décidé, de son chef, en 1512, que certains crimes seraient exclus de la grâce du privilége la délibération sur le cartel, qui jusqu'alors n’avait presque été qu’une pure formalité, devint une affaire sérieuse, et l’objet d’un débat dont l’issue était incertaine. En tout cas, l’interrogatoire détaillé du prisonnier, l’examen attentif du procès demandant un espace de tems que l’on ne pouvait point calculer à l’avance, le chapitre fut obligé d’arrêter que dorénavant le prisonnier attendrait la procession, au lieu d’être attendu par elle.

Lorsque ce cérémonial eut été adopté, à peine le