Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/34

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sous couleur de prêter main-forte à la loi, tirèrent sur leur parent plusieurs coups de pistolet et de mousqueton, qui le mirent hors de défense ; Bongenouil avait été blessé mortellement, et il expira, quelques jours après, dans l’hôtellerie du Heaume, à Gournay. Hugues De Bouton, baron de Ferrières, oncle des meurtriers et de l’homicidé, et la dame De Ligneville, mère du sieur De Bongenouil, rendirent plainte au juge de Gournay, qui informa et décréta contre Jean De Bouton de Chantemesle et ses complices. Le baron de Ferrières fit une déposition terrible pour les cousins-germains. De complicité avec l’infortuné Bongenouil qui venait de périr sous leurs coups, ils avaient, dit-il, deux ans auparavant, fait un complot pour l’assassiner, lui leur oncle, frère de leur père ; Bongenouil, repentant, lui avait tout avoué, ce qui l’avait mis dans la nécessité d’en avertir la justice. Ils ne l’avaient pas ignoré, et s’étaient vengés en assassinant inhumainement leur dénonciateur, sous prétexte de le livrer aux magistrats pour l’accomplissement d’un mariage. La principale preuve du complot fait pour l’assassiner, lui baron de Ferrières, ayant péri avec Bongenouil, il en donnait d’autres preuves qui n’étaient pas sans gravité. Il produisait, par exemple, un pacte signé par les cousins-germains, écrit qui, sous des expressions équivoques, semblait cacher quelques mystères d’iniquité. Deux