Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/562

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ou ailleurs, et qu’il vienne à décéder en chemin, on célébrera pour lui une messe en la chapelle de la confrérie, dans la huitaine à dater du jour où la nouvelle de sa mort sera parvenue. »

De ces faibles commencemens, étrangers, on le voit, au beau privilége dont l’église de Rouen était, dès-lors, en pleine et paisible possession, comment put sortir cette célèbre confrérie de Saint-Romain, que l’on vit depuis figurer si activement dans le cérémonial du privilége ? Il n’est pas difficile de le conjecturer. Ainsi réunis sous le patronage de saint Romain, sans doute les confrères se pressèrent, en toutes occasions, autour de la châsse révérée du saint, la suivirent partout où elle paraissait, et conséquemment le jour de l’Ascension où elle jouait un si grand rôle. On trouva que la présence de ces confrères revêtus, apparemment, de costumes pittoresques, comme tous les costumes l’étaient alors, ajoutait encore à l’éclat de la procession et de la solennité ; et leur assistance autour de la fierte, assistance qui, au commencement, n’était pour eux que l’accessoire, finit par devenir leur principale et presque leur unique attribution. Aussi les statuts de 1292 ne furent pas long-tems en vigueur, et même ils ne le furent jamais, s’il faut en croire une apostille qu’on lit en tête de la charte, mais qui paraît n’avoir été écrite que dans le xviie siècle, et par des gens qui voulaient, on ne voit pas trop pourquoi, effacer le souvenir de l’ancienne et charitable destination de la première confrérie[1]. Ce qu’ily a de certain, c’est qu’en 1346 l’official de Rouen revêtit de sa sanction de nouveaux statuts de la confrérie de Saint-Romain, qui n’ont pas plus de rapport avec ceux de 1292, dont nous venons de donner une idée, que la nouvelle confrérie n’en avait désormais avec l’ancienne. Dans ces statuts de 1346, il ne s’agit plus de secours pour des prêtres indigens, ni de funérailles

  1. On y lit ces mots : Nunquam fuerunt in usu hæc statuta.