Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/563

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gratuites pour ceux qui n’ont rien laissé. La confrérie de saint Romain semble n’avoir presque plus d’autre objet que d’environner la châsse de son saint patron, et de rehausser, par sa présence et ses soins pieux autant qu’empressés, la solennité dans laquelle cette châsse figurait avec tant d’honneur. Les nouveaux statuts, rédigés par les dignitaires et membres de la confrérie alors en exercice, et présentés par eux à l’official, sont aussi parvenus jusqu’à nous, et nous allons en donner une idée. Commençons par dire qu’en tête de ces statuts figurent les noms des anciens associés qui les rédigèrent[1]. Outre le prévôt et l’échevin, la confrérie se composait de vingt-quatre frères servans, d’un prêtre, d’un clerc, d’un doyen, de quatre autres clercs, et d’un crieur dont l’office était d’aller par les carrefours revêtu d’une tunique bariolée de têtes de mort, demander à haute voix des prières pour l’âme des confrères trépassés[2], et de précéder leurs convois funéraires, en agitant bruyamment des clochettes. Outre cela, il y avait dans la confrérie des membres libres ; les femmes n’en étaient pas exclues. Ces détails sont extraits des statuts ; on y trouve, de plus, quelques dispositions qui tiennent aux mœurs du tems. Ainsi, le goût des pélerinages, si ancien en Normandie[3], y

  1. C’étaient Vincent De Croisset, alors prévôt, et Guillaume De Hatentot, échevin ; puis les frères servans dont les noms suivent : Étienne Mandois, Honoré De Hesque, Jehan Mutel, Jehan Bécart, Jehan Duchemin, Jehan Goraen, Jehan Guerard, Jehan De St.-Cande, Jehan De la Mote, Jehan Le Maréchal, Jehan Rose, Jehan Loisel, Jehan Cauderon, Jehan Rossignol, Mathieu Hélye, Nicolas Mure, Nicolas le Parmentier, Pierre De Marguerit, Raoul Duclos, Robert Levasseur, Richard De Gaillon, Richard Bernard, et Roger Paste. En 1418, la confrérie comptait parmi ses membres le célèbre Alain Blanchart, dont le nom sonne tout autrement que ceux qui précèdent.
  2. « Doit le déen faire crier par les carrefours, chascun lundi, que chascune personne die sa patenostre pour les âmes des corps trespassés de la dicte confrarie. » (Art. 21 des statuts de 1346.)
  3. Michaud, Histoire des Croisades, tome 1er., page 174.