Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/64

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rendue par ce sénéchal en 1683. Main-levée fut accordée au sieur D’Attigny des saisies faites de ses biens. Mais ce succès suffisait-il pour consoler le chapitre du coup sensible qu’avaient porté à son privilége les doctes et éloquens plaidoyers de Sacy ? On ne pensait plus guères aux violentes attaques que Bouthillier lui avait livrées quatre-vingts ans auparavant ; et voilà que les meilleurs argumens de cet antagoniste oublié revivaient tout-à-coup, renforcés de beaucoup d’autres plus péremptoires encore, et empruntaient une force nouvelle de la dialectique puissante, du stile concis, élégant, énergique et pur, d’un nouveau et plus redoutable adversaire ; pour comble de malheur, ce détracteur ardent du privilége, ce critique incrédule qui traitait de si haut et avec tant de dédain le prétendu miracle de la gargouille et la prétendue concession de Dagobert, était le plus pieux, le plus respectable, le plus sincère catholique de son tems ; et il n’y avait pas moyen d’affaiblir ce qu’il disait d’une légende fabuleuse et d’un récit mensonger, par de vagues accusations sur sa foi qui n’était pas douteuse. Frappant le privilége au cœur, Sacy avait dit : « Le droit de remettre les crimes est, de tous les droits de la souveraineté, le plus incommunicable. Il est inséparable de la personne de nos rois ; et ils ne peuvent pas faire que ceux à qui il n’est point permis de s’asseoir avec eux sur le trône, puissent entrer en société