Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/647

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


révérence de l’esglise et d’iceulx chanoines, non pas par l’ordonnance des gens du roy. Et quant iceulx chanoines et chappelains estoient venus, son dict mary, elle qui parle ou aucuns de leurs serviteurs, ung nommé Orenge par espécial, ouvroient l’uis de devant des dictes prisons et entroient avec iceulx chanoines ; et faisoient ouverture de toutes les prisons particullières ; et alloient partout, et prenoient de la chandelle allumée pour veoir partout ; et, après, se partoit le dit geollier ou serviteur de dens les dictes prisons ; et venoit hors, et enfermoit iceulx chanoines et chappellains dedens icelles ; et quant ilz voulloient issir, faisoient appeler ou hurter à l’uis de devant, et lors, venoit le dit geollier ou personne pour lui, qui ouvroit les dictes prisons, et les mectoit dehors. Et sçoit, de certain, que cellui qui ouvroit et fermoit le grand huis de devant, emportoit avecques lui, en l’ostel de la dicte geôle, devant icelles prisons, les cléfz d’icelles où pendoit ung pié de cherf ou biche. Maiz ne scet se le dit geollier ou serviteur pour lui leur bailloit ou laissoit aucunes clefs particullières d’icelles prisons par dedens ; et ce pourroit être sçeu par le dit Orenge à présent sergent de Saint-Victor, en la viconté de Rouen, et plus, ne autre chose n’en sçauroit depposer.

Jehan Biertris, aagié de 30 ans ou environ, varlet du geollier, juré, etc., dit et deppose par son sérement que il a esté trois ans varlet ès dictes prisons dudit Girot Dubosc, Guillaume Marc et Jehan Duvivier et Laurent Desloges, geolliers. Et a veu, par trois années, c’est assavoir l’année du premier eschiquier, depuis la conqueste et l’année de devant ledit eschiquier, venir ès dictes prisons qui sont à présent, plusieurs des chanoines et chappelains qui parlèrent à il qui parle, en la dicte année dudit eschiquier, portant les cléfz des dictes prisons, et lui requérant, en la révérence de monseigneur saint Roumaing, que il qui parle leur baillast les cléfz d’icelles, et leur ouvrist toutes les dictes prisons. A quoy il qui parle respondi que il ne les bailleroit point, maiz volentiers leur ouvriroit toutes les dictes prisons, et monstreroit tous les prisonniers de toutes les dictes prisons, et chambres d’icelles. Et iceulx chanoines demandèrent à il qui parle qui’il estoit, et se il faisoit le dict reffuz de par lui qui parle et de sa volenté, ou se c’estoit de par nous lors lieutenant. Et il qui parle respondi que c’estoit de par monseigneur le président lors tenant l’eschiquier à Rouen, et de par l’advocat et procureur du roy. Et, ce fait, prindrent le nom de il qui parle, et se partirent et allèrent en l’ostel de maistre Jehan Alespée où estoit logié le dict monseigneur le président ; auquel lieu il qui parle fu mandé devant lui, en la présence maistre Andrieu Marguerie et autres. Et lui fut demandé de par mon dit seigneur le président, de par qui estoit qu’il avoit fait le dit refïuz des dictes cléfz ; et il qui parle respondi que c’estoit de par les dietz advocat et procureur, et de par nous qui ainsi lui avaient dit ; et nous appella de ce à garant. Et incontinent fusmes mandé par devant