Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/654

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parle, ses diz maistres, leurs femmes et gens, quant ilz alloient ès dictes prisons, rapportoient en ung hostel où ilz demouroient, de l’autre part de la rue, nommé l’Ostel de la geolle, appartenant au roy nostre dit seigneur, qui encores y est. Et quant le temps de la dicte sepmaine des dictes processions de l’Ascension estoit venu, en iceux jours lundi, mardi, mercredi et jeudi jusques et à l’eure que les dictes gens du dit chappitre viennent apporter la scédulle et requerre le bailli à avoir ung prisonnier en la forme accoustumée, les diz de chappitre venoient, le dit jour de lundi, pour examiner les prisonniers lors estant ès dictes prisons, et demandoient à ses diz maistres ou à lui entrée et ouverture des dictes prisons, pour faire les examens. El lors, plusieurs foiz, par l’espasse de six ou sept ans, que il a esté servicteur d’iceulx geoliers ou dit office, ouvroit icelles prisons, et mectoit dedens celles, en une chambre nommée le Parquet, iceulx de chappitre, et ouvroit toutes les prisons particulières dedens, et leur monstroit tous et chascun des singulliers prisonniers estans en icelles ; et ne refermoit point, il qui dépose, à cléfz les dictes petites prisons, tant comme les diz de chappitre fussent dedens les dictes prisons, maiz seullement aux touroux, les quielz touroux il leur monstroit pour venir prendre et mener devant eulx iceux prisonniers segrètement ainsy qu’ilz les voulloient examiner ; et estoient iceux chanoines ès dictes prisons, ès quelles il venoit et alloit et ses diz maistres et gens toutes et quantes foiz que il leur plaisoit, sans contredit d’iceulx de chappitre. Maiz se il, ou ses dis maistres n’estoient appeliez par iceux de chappitre, ilz n’alloient pas dedens le dit parquet ne près, pour ouyr chose que ilz féissent ou déissent, maiz ailleurs alloient par les dictes prisons où il leur plaisoit. Et sy dit oultre que, combien que il eust en l’ostel de la dicte geôle où demouroit le dit geôlier, plusieurs personnes pour debtes, bateries et délix, si n’y venoient point les dis de chappitre. Enquis savoir se les diz de chappitre, en iceux jours, ou aucun d’eulx, avoient aucunes des dictes cléz dehors ou dedens ; et se, il ou ses diz maistres ou autres servicteurs leur bailloient le dit fardel de cléfz qu’ilz lessoient dedens, et qui souvent demouroient ès dictes prisons, comme dit est. Dit et deppose que onques ne bailla ne vit baillier aucunes d’icelles clefz aux dis de chappitre, ne ilz ne les demandèrent ou voullurent avoir ; et leur souffisoit la dicte ouverture par la manière dessus dicte. Enquis se iceux de chappitre le faisoient vuidier hors des dictes prisons et se il se devoit partir d’icelles, selon l’usage du prévillége monseigneur saint Roumain. Dit et deppose que oncques n’en ouy parler. Et se il eust voullu demourer ès dictes prisons à les garder, il fust demouré. Mais ilz estoient lors assez seûres, sans ce que il ne ses diz maistres ou autres demourâssent en icelles, pour les garder, de nuyt ne de jour. Et aussy avoit à besongner ou dit hostel où il demouroit et ailleurs, et ne partoit point, synon de sa vollenté, pour yssir des dictes prisons. Et