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Vernier avait pleinement compris le caractère des Canadiens-français. Il les aimait et leur rendait justice. Dans une lettre qu’il écrivit à ses amis d’Europe, quelque temps après son arrivée à Belle-Rivière, je trouve l’appréciation suivante : « Les enfants des Canadiens sont intelligents et possèdent généralement un sentiment profond de leurs péchés. Je demandai à l’un d’eux : — Combien faut-il de péchés pour exclure une personne du ciel ? Il me répondit : — Un seul. »

Vernier était scrutateur de la nature humaine, travailleur hardi et patient, possédant un rare pouvoir d’investigation et d’analyse, un jugement sain et des perceptions vives. Il avait acquis un fond de connaissances qui le rendait apte à remplir dignement sa tâche. Il agissait sous l’impulsion d’une conscience droite et avec un tact précieux.

Sa méthode pédagogique était excellente. En traçant les règlements de l’Institut pour l’année 1857 il s’exprime