Page:Anatole France - Le Lys rouge.djvu/268

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J’en venais, ce soir, quand j’ai eu le double plaisir de trouver, à la gare, miss Bell qui reconnaissait sa cloche, et vous, madame, qui étiez en conversation avec un ami de Paris.

Il avait eu l’idée qu’il lui serait désagréable en parlant de cette rencontre. Regardant tout autour de la table, il vit le mouvement de surprise inquiète que Dechartre n’avait pu contenir. Il insista :

— Pardonnez, madame, à un rustique une certaine prétention à connaître le monde : en ce monsieur qui causait avec vous, j’ai reconnu un Parisien à ce qu’il avait l’air anglais, et qu’en affectant la raideur, il laissait voir une aisance parfaite et une vivacité toute particulière.

— Oh ! dit négligemment Thérèse, il y avait longtemps que je ne l’avais vu. Et j’ai été très surprise de le rencontrer à Florence, au moment de son départ.

Elle regarda Dechartre, qui affectait de ne pas écouter.

— Mais je le connais, ce monsieur, dit miss Bell. C’est M. Le Ménil. J’ai dîné près de lui deux fois, chez madame Martin, et il a causé avec moi, très bien. Il m’a dit qu’il aimait le football ; que c’est lui qui a introduit ce jeu en France, et que maintenant le football est très à la mode. Il m’a aussi conté ses aventures de chasse. Il aime