Page:Anatole France - Le Petit Pierre.djvu/95

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


lui pardonnait, ou plutôt on l’aimait mieux ainsi.

Achille déplairait moins bouillant et moins prompt.

Le médius, élégant, droit, d’une taille haute et superbe, renfermait, sous ces heureux dehors, une âme chevaleresque. Issu des plus illustres aïeux, il se nommait Dunois. Et, pour le coup, je crains bien de savoir pourquoi, et ne puis guère douter que ma chère maman en fût la cause. Ma chère maman ne chantait pas très bien et ne chantait que quand j’étais seul à l’entendre. Elle chantait :

Partant pour la Syrie
Le jeune et beau Dunois
Alla prier Marie
De bénir ses exploits.

Et elle chantait aussi : Reposez-vous bons chevaliers. Et elle chantait encore : En soupirant, j’ai vu naître l’aurore. Ma chère maman raffolait des romances de la reine Hortense, qui étaient charmantes, en ce temps-là.

Excusez mes lenteurs : c’est tout un art que j’expose. À l’annulaire, qui n’avait point d’an-