Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/199

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Chaque jour, un messager portant la saie rayée et les braies rouges venait, par des sentiers inconnus, au-devant du roi, et, ralentissant près de lui le pas de son cheval, lui disait à voix basse :

— Komm, ne veux-tu pas être un homme libre dans un pays libre ? Komm, subiras-tu longtemps l’esclavage des Romains ?

Et le messager disparaissait dans l’étroit chemin où les feuilles tombées amortissaient le galop de son cheval.

Komm, roi des Atrébates, demeurait l’ami des Romains. Mais, peu à peu, il se persuada qu’il convenait que les Atrébates et les Morins fussent libres, puisqu’il était leur roi. Il lui déplaisait aussi de voir les Romains, établis à Némétocenne, siéger dans des tribunaux, où ils rendaient la justice, et des géomètres venus d’Italie tracer des routes à travers les forêts sacrées. Enfin il admirait moins les Romains depuis qu’il avait vu leurs liburnes brisées contre les falaises bretonnes et les légionnaires pleurer la nuit, sur la grève. Il continuait d’exercer la souveraineté au nom de