Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/202

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confirmèrent dans l’idée qu’il s’était formée.

Il résolut alors de se défaire de cet homme. Il était Romain, fils de la Ville déesse, exemple à l’univers, et il portait par les armes la paix romaine aux extrémités du monde. Il était bon général, expert dans la mathématique et dans la mécanique. Pendant les loisirs de la paix, il conversait dans sa villa de Campanie, sous les térébinthes, avec des magistrats, sur les lois, les mœurs et les usages des peuples. Il vantait les vertus antiques et la liberté. Il lisait les livres des historiens et des philosophes grecs. C’était un esprit plein de noblesse et d’élégance. Et parce que Komm l’Atrébate était un barbare, étranger à la chose romaine, il lui parut convenable et bon de le faire assassiner.

Averti du lieu où il se trouvait, il lui envoya son préfet de la cavalerie, Caius Volusenus Quadratus, qui connaissait l’Atrébate car ils avaient été chargés tous deux de reconnaître ensemble les côtes de Bretagne, avant l’expédition de César ; mais Volusenus n’avait pas osé s’embarquer. Donc, sur l’ordre de Labienus, lieutenant de César, Volusenus