Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/74

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Messire Florilont Lecocq était sergent au Châtelet et du parti des Anglais.

Et du haut de la pierre de la Truie, frère Joconde prêcha le peuple.

— Semez, dit-il, semez, bonnes gens ; semez foison de fèves, car Celui qui doit venir viendra bientôt.

Par les fèves qu’il fallait semer, le bon frère entendait les œuvres charitables qu'il convenait d’accomplir avant que Notre-Seigneur vînt, sur les nuées, juger les vivants et les morts. Or, il importait de semer les œuvres sans tarder, car bientôt serait la moisson. Guillaumette Dyonis, Simone la Bardine, Jeanne Chastenier, Opportune Jadoin et Robin le jardinier rangés autour du religieux, crièrent : « Amen ! »

Mais les bourgeois, qui se pressaient derrière en grande foule, tendirent l’oreille et froncèrent le sourcil, pensant que ce religieux annonçait l’entrée de Charles de Valois dans sa bonne ville, sur laquelle il voulait faire passer la charrue (du moins le croyaient-ils).

Cependant le bon frère poursuivait son sermon évangélique :