Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/79

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Vivez en paix. Du fer de vos lances forgez des socs de charrue. »

À peine avait-elle ainsi parlé que, du chemin de ronde, où défilait une compagnie de bourgeois et du dos d’âne où se pressaient les soudoyers armagnacs, volèrent vers elle les injures et les flèches.

— Ribaude !

— Traîtresse ! Sorcière !

Cependant elle exhortait les deux partis à établir le règne de Jésus-Christ sur la terre et à vivre dans l’innocence et l’amour, jusqu’à ce que, frappée d’un vireton à la gorge, elle chancela et tomba en arrière.

À l’envi, Armagnacs et Bourguignons éclatèrent de rire. Ayant ramené sa robe sur ses pieds, elle ne fit plus aucun mouvement et rendit l’âme en soupirant le nom de Jésus. Ses yeux restés ouverts avaient des lueurs d’opale.

Peu d'instants après la mort de Guillaumette Dyonis, les habitants de Paris revinrent en grand nombre sur le mur et défendirent leur ville très âprement. Jeanne la Pucelle fut