Page:Anatole France - M. Bergeret à Paris.djvu/36

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loger dans une maison neuve, dit M. Bergeret, qui était sage et accoutumé à soumettre ses désirs à la raison.

— Je le crains, papa, dit Pauline. Mais sois tranquille, nous te trouverons un petit arbre qui montera à ta fenêtre ; je te promets.

Elle suivait ces recherches avec bonne humeur, sans s’y intéresser beaucoup pour elle-même, comme une jeune fille que le changement n’effraye point, qui sent confusément que sa destinée n’est pas fixée encore et qui vit dans une sorte d’attente.

— Les maisons neuves, reprit M. Bergeret, sont mieux aménagées que les vieilles. Mais je ne les aime pas, peut-être parce que j’y sens mieux, dans un luxe qu’on peut mesurer, la vulgarité d’une vie étroite. Non pas que je souffre, même pour vous, de la médiocrité de mon état. C’est le banal et le commun qui me déplaît… Vous allez me trouver absurde.

— Oh ! non, papa.