Page:Anatole France - Nos enfants.djvu/18

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.




III


Quand le soir fut venu, la grand’maman prit le panier dans lequel Fanchon lui avait apporté de la galette, le remplit de pommes et de raisins, en passa l’anse dans le bras de l’enfant et dit à Fanchon :

Anatole France - Nos enfants - p18.jpg

« Fanchon, rentre tout droit à la maison, sans t’amuser à jouer avec les polissons du village. Sois toujours une bonne fille. Adieu. »

Puis elle l’embrassa. Mais Fanchon restait pensive sur le seuil.

« Grand’mère ? dit-elle.

— Que veux-tu, ma petite Fanchon ?

— Je voudrais bien savoir, dit Fanchon, s’il y a de beaux princes parmi les oiseaux qui ont mangé mon pain.

— Maintenant qu’il n’y a plus de fées, répondit la grand’mère, les oiseaux sont tous des bêtes.

— Adieu, grand’mère.

— Adieu, Fanchon. »