Page:Andersen - Contes d'Andersen, traduit par Soldi, Librairie Hachette et Cie, 1876.djvu/80

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où était placé le lit de petit Claus, il s’en approcha tout doucement, et appliqua un coup violent au front de la vieille nourrice morte.

« Maintenant, tu ne me tromperas plus ! dit-il en s’éloignant, car il croyait avoir tué son ennemi.

— Quel méchant homme ! s’écria petit Claus ; c’est moi qu’il voulait tuer. Heureusement pour ma vieille nourrice qu’elle était déjà morte. »

Il revêtit ensuite la vieille femme de ses habits de dimanche, emprunta un cheval à son voisin et l’attela à sa voiture. Puis il plaça la vieille sur le siège de derrière, de façon qu’elle ne pût tomber, et il traversa ainsi la forêt. Arrivé à une auberge, petit Claus s’arrêta pour demander quelque chose à manger.

L’aubergiste était un homme très-riche, bon diable au fond, mais emporté comme si son corps eût été rempli de poivre et de tabac.

« Bonjour ! dit-il à petit Claus ; comme tu es endimanché aujourd’hui !

— Oui, répondit Claus en descendant ; je vais conduire ma vieille nourrice à la ville. Apporte-lui un verre d’hydromel pour se rafraîchir, et parle-lui bien haut, car elle n’entend presque pas.

— Je n’y manquerai pas, dit l’aubergiste ; et il alla verser un grand verre d’hydromel, qu’il porta à la vieille dans la voiture.