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ÉLISE.

« Fadaises que tout cela ! » répondit le mulot. « Allons, voyons ! ne faites pas l’obstinée et ne me forcez pas à vous mordre avec mes dents aiguës. N’est-ce pas là un excellent parti ? Et une reine elle-même pourrait-elle nous montrer une robe de velours aussi belle que le vêtement de votre époux ! sa cuisine et sa cave sont d’ailleurs parfaitement approvisionnées ; et vous devriez plutôt remercier la Providence de vous avoir si bien pourvue. »

Ainsi la noce allait avoir lieu. Déjà la taupe était venue chercher Élise qui dorénavant devait vivre avec elle, bien profondément sous terre, là où les rayons du soleil ne pouvaient jamais pénétrer. La pauvre petite fille se sentait bien malheureuse d’être obligée de dire adieu pour toujours à son cher ami le soleil que tout au moins il lui avait jusqu’alors été donné d’entrevoir du pas de la porte de l’habitation du mulot.

« Adieu, soleil chéri ! » s’écria-t-elle en levant les mains vers le ciel et en faisant quelques pas en dehors de la modeste demeure ; car alors le blé avait encore une fois été récolté et