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LES CYGNES SAUVAGES.

prises autour du toit de cette humble demeure, tournant de côté et d’autre leurs longs cols comme s’ils eussent cherché quelque chose, et agitant bruyamment leurs ailes ; personne ne les vit ni ne les entendit. Il leur fallut alors repartir et s’élever au milieu des nuages pour disparaître de nouveau dans l’espace ; mais leur premier soin fut de chercher une forêt bien sombre et bien épaisse qui se prolongeait pendant des centaines de lieues jusqu’à la mer. Pendant ce temps, la pauvre Elfride restée dans la cabane du paysan, jouait avec une feuille verte, car elle n’avait pas d’autre jouet. Elle fit à l’aide d’une épingle, un petit trou dans cette feuille, et regarda le soleil au travers. Elle crut alors apercevoir les yeux brillants de ses frères, et toutes les fois que les chauds rayons de cet astre éclairaient ses joues, elle se rappelait leurs baisers si suaves.

Les jours se passaient de la sorte et se ressemblaient tous. Quand lèvent agitait les grands rosiers plantés autour de la chaumière, il murmurait aux roses : « Y a-t -il quelque chose de plus beau que vous ? » Et les roses répond-