Page:Andersen - Contes pour les enfants, trad. Caralp, 1848.djvu/19

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
13
LES CYGNES SAUVAGES.

daient en inclinant leurs têtes: « Oh ! oui, « Elfride est plus aimable ! » Lorsque le dimanche, la vieille propriétaire de la chaumière était assise à sa porte, lisant dévotement son livre d’heures, il arrivait souvent que le vent en tournât les feuillets et murmurât aussi au livre : « Y a-t-il quelque chose d’aussi bon et d’aussi innocent que vous? — Oh ! oui, c’est Elfride, » répondait bien vite le livre d’heures. Et les roses, comme le livre d’heures, disaient vrai.

Quand Elfride eut atteint l’âge de quinze ans, il fut convenu qu’elle rentrerait dans la maison paternelle. Or, dès que la cruelle reine vit combien sa belle-fille avait grandi et embelli, son cœur en éprouva un surcroît de rage et d’envie, et elle traita la pauvre enfant plus mal que jamais. Elle l’eût volontiers changée, comme ses frères, en cygne sauvage ; mais elle n’osait pas en agir à son égard avec si peu de façons, parce qu’elle avait souvent entendu le roi exprimer le désir de revoir sa pauvre petite Elfride.

Un matin la reine s’en vint au bain. C’était