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LES CYGNES SAUVAGES.

étaient dehors, elle resta solitaire et uniquement occupée de sa tâche ; mais jamais encore le temps ne lui avait paru s’écouler avec tant de rapidité. Déjà l’une des cottes de maille était terminée, et elle faisait toute la diligence possible afin de commencer la seconde sans désemparer.

Tout à coup les sons joyeux du cor et les cris confus des chasseurs retentirent dans les montagnes. La timide petite princesse se prit à trembler de peur. Le bruit cependant approchait toujours davantage. Elle entendait distinctement la voix des chiens. Au comble de la terreur, et sans trop savoir que faire, elle se retira dans la caverne, ramassa en botte les orties qu’elle avait cueillies et broyées, puis s’assit dessus, comme décidée à tenter les efforts les plus désespérés pour défendre un trésor si précieux à ses yeux.

À ce moment un grand chien sauvage sortit des buissons, puis un second, puis un troisième ; ils donnaient de la voix, allaient, venaient, s’en allaient, puis revenaient encore. Quelques minutes après, les chasseurs étaient