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LES CYGNES SAUVAGES.

durer toutes ces souffrances, pourvu qu’elle sauvât ses chers frères. Elle broya toutes ces orties avec ses pieds nus, et se mit à tisser la filasse avec ses doigts endoloris.

Tout de suite après le coucher du soleil, ses frères retournèrent auprès d’elle, et ils ne furent pas médiocrement surpris de la trouver si silencieuse. Ils pensèrent d’abord que c’était l’effet de quelque nouveau sort jeté sur elle par leur méchante marâtre ; mais ensuite, quand ils virent les mains de leur chère sœur si misérablement déchirées par les orties, ils comprirent que tout ce qu’elle faisait, c’était pour les sauver ; et le plus jeune d’entre eux poussa des cris de douleur, puis répandit d’amères larmes. Mais voyez un peu la merveille ! partout où tombèrent ces larmes, Elfride cessa de ressentir la moindre douleur et toute inflammation disparut.

Elle passa la nuit tout entière à l’ouvrage, car il lui aurait été impossible maintenant de prendre un seul instant de repos tant qu’elle n’aurait pas sauvé ses chers frères. Pendant toute la journée suivante, tandis que les cygnes