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L'ANGE.

encore étaient si verts, si beaux, qui étalaient de si réjouissantes touffes de boutons à moitié éclos, penchaient maintenant tristes et flétris vers le sol tout couvert à la ronde du plus fin, du plus doux gazon.

« Ah ! le pauvre petit arbre, dit l’enfant en poussant un profond soupir ; oh ! emportez-le aussi avec vous, bon ange, pour qu’il puisse fleurir de nouveau près de Dieu ! »

Et l’ange le prit avec lui, après avoir d’abord embrassé l’enfant pour ce qu’il venait de dire ; et le petit être ouvrit à moitié ses yeux. Ils cueillirent ensuite quelques-unes de ces belles et riches fleurs dont le parfum et la couleur charment l’homme ; ils n’oublièrent ni l’humble fleur du prunier sauvage ni celle du houx tout entourée d’épines.

« Nous avons maintenant des fleurs en abondance, » dit l’enfant ; et l’ange fit un signe de la tête comme pour dire : « Oui. » Cependant ils ne reprirent pas tout de suite leur vol vers le ciel. Il faisait nuit, et un saint silence régnait tout autour d’eux. Ils s’arrêtèrent un instant dans une grande ville près de laquelle