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ÉLISE.

vous la prit avec ses longs bras passés autour de sa taille si svelte et si mignonne, et qui vous l’emporta au haut d’un arbre. Pendant ce temps, la feuille continuait à être emportée par le courant ; et le papillon était obligé de la suivre, car il ne pouvait pas rompre son lien, tant Élise l’avait fortement attaché.

Hélas ! quelle ne fut pas la terreur de la pauvre petite quand elle vit que le hanneton l’emportait vers l’arbre ! Mais elle n’éprouvait pas moins de chagrin au sujet du petit papillon. Elle savait qu’il devait infailliblement périr, à moins que quelque événement heureux ne l’arrachât à la feuille verte à laquelle il était attaché. Rien de tout cela ne produisait la moindre impression sur le hanneton, qui vous la plaça sur une grande feuille, lui donna un peu de miel à manger et lui dit qu’elle était charmante, quoiqu’elle ne ressemblât pas à un hanneton. Alors arrivèrent à l’envi tous les hannetons qui habitaient le même arbre ; ils présentèrent leurs hommages à Élise et l’examinèrent des pieds à la tête. Pendant ce temps les jeunes hannetonnes retournaient leurs