Page:Andreïev - Les Sept Pendus (Trad. Serge Persky), 1911.djvu/115

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IX

L’HORRIBLE SOLITUDE


Sous le même toit et au même chant mélodieux des heures indifférentes, séparé de Serge et de Moussia par quelques cellules vides, mais aussi isolé que si lui seul eût existé dans l’univers entier, le malheureux Vassili Kachirine terminait sa vie dans l’angoisse et la terreur.

Couvert de sueur, la chemise collée au corps, ses cheveux autrefois bouclés retombant en mèches, il allait et venait dans sa cellule avec la démarche saccadée et lamentable de quelqu’un qui souffrirait atrocement des dents. Il s’asseyait un instant et se