Page:Andreïev - Les Sept Pendus (Trad. Serge Persky), 1911.djvu/86

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soldats ne le vissent pas, et il pleura longtemps.

Seule, la mère de Wassili Kachirine vint le visiter. Le père, un riche marchand, avait refusé de l’accompagner. Lorsque la vieille entra, Wassili se promenait dans sa cellule. Malgré la chaleur, il tremblait de froid. La conversation fut courte et pénible.

— Vous n’auriez pas dû venir, mère. Nous nous tourmentons, vous et moi !

— Pourquoi tout cela, Wassia ? Pourquoi as-tu fait cela, mon fils ?

Et la vieille femme se mit à pleurer en séchant ses larmes avec son fichu de soie noire.

Habitués comme ils l’étaient, ses frères et lui, à bousculer leur mère, simple femme qui ne les comprenait pas, il s’arrêta et tout en grelottant, lui dit d’un air courroucé :

— C’est ça, je le savais ! Vous ne comprenez rien, maman, rien !

— C’est bien, mon fils. Qu’as-tu ? As-tu froid ?