Page:Andry - Traité des aliments de carême, 1713, tome II.djvu/327

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vertu ; aussi y en avoit-il dans lesquels il falloit mettre vingt parties d’eau sur une de vin, pour les rendre potables. Il s’ensuit de-là, pour le remarquer en passant, que la grande quantité d’eau que les Anciens avoient coûtume de mêler dans leur vin, ne doit point être regardée comme un si grand exemple de tempérance, & que l’Auteur du Traité des Dispenses se trompe visiblement, de croire que les trois onces de vin qu’il lui plaît de faire boire à Auguste dans chaque repas, fussent une petite quantité, puisque, ainsi qu’il le reconnoît lui-même[1], le vin de ce Prince étoit de ceux que vingt parties d’eau étoient à peine capables d’affoiblir : un seul poiçon de ces vins, toute comparaison faite, étoit donc, à raison de sa force, quelque chose de plus que deux pintes des nôtres ; où auroit donc été la tempérance d’Auguste de boire prés d’un poiçon de vin à chaque repas[2] ?

6o. Quant à la séve qui est ce qui fait la force du vin, on distingue le

  1. pag. 462. de la 1e. édit. & p. 287. de la 2e. tom. 2.
  2. Voici les propres termes de l’Anonyme : Que si Auguste, comme on peut raisonnablement le présumer, bûvoit de ces excellens vins vieux où on mêloit vingt parties d’eau sur une de vin, ou du moins de ceux qu’on bûvoit mêlez de cinq parties d’eau sur une de vin, comme nous l’apprend Athenée, il se trouvera que les gens sobres, comme Auguste, ne bûvoient peut-être pas un poiçon de vin dans un repas.