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ANNALES DE LA SOCIÉTÉ J. J. ROUSSEAU

Les affirmations arbitraires ne leur coûtent rien. Pour la Nouvelle Héloïse deux éditions sont intéressantes en dehors de la première, celle de Rey 1763, et celle de Genève 1780. Il se trouve que celle de Rey se donne obscurément comme « corrigée par l’éditeur » et que celle de Genève n’annonce rien. Toutes les autres qui s’intitulent plus fidèles et plus complètes n’ont de valeur que pour faire nombre.

La philologie de Rousseau retiendra l’intérêt de plus en plus en certain de l’édition de Genève pour l’établissement du texte des Œuvres. Inversement l’édition de Musset-Pathay, intéressante par la compétence de son auteur, n’a pas, pour la Nouvelle-Héloïse du moins, d’autre valeur que celle du texte de Petitain.

Il reste, pour l’histoire littéraire, qu’au lendemain même de la publication du roman et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les éditeurs ont cru plaire au public en assurant qu’ils donnaient un Rousseau plus exact et plus complet. Il n’est guère de contrefaçons, même détestables, qui n’ornent leur page de titre de ces fallacieuses promesses. Elles assurent ainsi que, dès 1761, Jean-Jacques est de ceux dont on entend connaître exactement la pensée, l’un de ces grands écrivains dont les miettes sont d’or et dont le génie est sacré. Elles signifient même sans doute, pour certains éditeurs et pour certains lecteurs, qu’entre le persécuté et l’autorité qui le persécute, c’est pour la pensée sincère et libre que l’opinion publique se décide. « Nouvelle édition revue et corrigée », cela veut dire qu’il importe de lire, sur la société, la morale et la religion, non ce qui convient à la censure mais ce qu’a vraiment écrit Rousseau. Lorsque Rey imprime « Seconde édition originale » il avertit